Avez-vous remarqué à quel point les images et les vidéos générées par l'intelligence artificielle (IA) se multiplient sur vos réseaux sociaux? Entre les filtres qui retouchent notre visage en un clic, les publicités créées à l’aide de l’IA et les images d’humains entièrement générées artificiellement, le contenu « parfait » n’a jamais été aussi présent ni aussi difficile à distinguer de la réalité.
Mais comment garder un regard critique lorsqu’on se compare à des corps qui n’existent même pas?
Dans cet article, on s’est penché sur l’impact des textes générés par l’IA. Cette fois-ci, on s'intéresse à l’influence des images générées par l’IA sur la perception de notre corps.
Sans entrer dans les détails trop techniques, voici l’essentiel :
Les outils d’IA apprennent à partir de millions d’images déjà existantes. On sait que ces images contiennent bien souvent des biais, reproduisent des stéréotypes et misent sur des normes de beauté très limitées. Résultat? L’IA mettra surtout de l’avant les corps perçus comme « idéaux » : jeunes, minces, lisses, musclés, souvent blancs, laissant très peu de place aux diversités corporelles et ethniques.
L’IA ne voit pas le monde. Elle n’a pas d’expérience et ne ressent rien. Elle reproduit ce qu’elle a appris, souvent en amplifiant les standards de beauté déjà présents dans notre société.
Prenons un exemple concret. Si on demande à un outil d’IA :
« Génère une image d’un couple heureux. »
Il y a de fortes chances qu’elle propose deux jeunes personnes minces, blanches, souriantes et parfaitement lisses. Si on veut qu’elle représente mieux la réalité, on peut influencer ce qu’elle crée en précisant notre requête. Par exemple :
« Génère une image d’un couple en évitant les stéréotypes et en représentant la diversité culturelle. »
Comparaison sociale
Les images générées par l’IA montrent surtout des corps « parfaits ». Même si on sait que ces images ne sont pas réelles, à force de les voir, on peut ressentir une pression à s’y conformer. Pour les jeunes, dont l’image corporelle est en construction, cette comparaison peut être encore plus forte. C’est normal de se comparer, il faut simplement en être conscient.e, observer ce qu’on ressent et s’assurer que cela ne prend pas trop de place dans notre vie.
Attentes irréalistes
Quand on voit encore et encore des images qui reproduisent les standards de beauté, on peut finir par croire que c’est ça la norme. Toutefois, ces corps-là n'existent pas… Ils sont inventés de toutes pièces. Se comparer à ces images irréelles peut amener une pression énorme et nuire à la relation qu’on entretient avec notre propre corps.
1. Faire une pause avant de se comparer
Avant de défiler votre écran ou de vous comparer, prenez une seconde.
2. Développer son radar à images irréalistes
Apprendre à repérer les images retouchées ou générées par l’IA aide à réduire la comparaison sociale et à garder un regard plus bienveillant envers notre corps.
3. Questionner ce que l’image tente de vendre
Derrière chaque image, il y a une intention. Prendre un moment pour la décoder aide à réduire la pression et la comparaison.
4. Choisir l’authenticité plutôt que la perfection
Ce qu’on voit en ligne influence la façon dont on se perçoit. Alors, pourquoi ne pas faire un peu de ménage pour s’assurer que le contenu soit plus authentique et nous fasse du bien?
Les images générées par l’IA se ressemblent souvent. Nous, non. Notre vraie richesse, c’est la diversité de nos corps, de nos identités et de nos expériences.
L'intelligence artificielle générative a été utilisée comme soutien à la révision pour ce texte.
Référence :
Julien Lamontagne est sexologue, conférencier et conseiller pédagogique en milieu scolaire dans le domaine de l’éducation à la sexualité depuis près de 10 ans. Reconnu pour sa capacité à vulgariser des sujets complexes avec clarté et passion, il s’intéresse aux liens entre technologie, sexualité et relations humaines. Il explore notamment la manière dont les outils numériques comme les chatbots, les applications de rencontre et les réseaux sociaux influencent notre rapport à soi, à notre image corporelle et à la connexion avec les autres.
« En parlant de sexualité, je souhaite transmettre des repères pour rester connecté.e à soi dans un monde en constante évolution. »