Avez-vous déjà remarqué à quel point le poids est souvent au cœur de nos conversations? On entend un commentaire sur le poids d’un collègue sur l’heure du lunch au bureau, on se fait suggérer le dernier programme à la mode pour améliorer sa silhouette, on félicite une amie qui semble enfin avoir perdu les quelques kilos qui la rendaient malheureuse.

Et c’est sans compter les commentaires qui habitent nos pensées! « Je ne devrais pas manger ceci, ce doit être engraissant. », « Si je suis célibataire, c’est forcément à cause de mon poids. », « Je serais tellement mieux si je perdais 5 kilos! ».

 
 
Parlons-nous trop de poids?
 

Pourquoi le poids occupe-t-il une place si importante dans nos conversations et nos pensées, et surtout, pourquoi cela est-il inquiétant? La réponse à ces deux questions est sensiblement la même. On parle souvent de poids parce qu’on vit dans une société où la pression pour se conformer à un idéal de minceur est très, très grande. Le poids obsède et préoccupe tant de gens! Il est inquiétant de parler souvent de poids, parce que cette pression sociale conduit une majorité d’individus à vivre de l’insatisfaction à l’égard de leur corps. Rappelons-nous qu’au Québec, près de trois femmes sur quatre souhaitent maigrir et ce, qu’elles aient un poids normal ou non, près d’un homme sur deux est insatisfait et préoccupé par son tonus musculaire et un adolescent sur deux n’aime pas son corps. Dans un tel contexte, le poids n’est pas un sujet banal et surtout, n’est pas un sujet sans conséquence.

 

 

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Les conséquences sur soi et sur les autres

 

Qu’elle ait un surpoids ou non, une personne préoccupée par son poids qui reçoit fréquemment des commentaires sur celui-ci pourrait avoir recours à des méthodes risquées pour contrôler son poids, comme l’entraînement excessif ou non sécuritaire, les régimes draconiens, le jeûne, l’usage de tabac, etc. Face à des commentaires négatifs sur son poids, une autre personne pourrait perdre confiance en elle et avoir tendance à s’isoler ou à abandonner la pratique d’activités physiques par peur d’être jugée. Pour une autre personne insatisfaite de sa silhouette, il est probable qu’en recevant un compliment suite à un changement de poids, celle-ci en vienne à considérer que sa valeur se résume à sa capacité de contrôler son poids, affectant ainsi son bien-être psychologique. Souvenons-nous également que dans la plupart des situations, nous ne connaissons pas les raisons qui ont mené à un gain ou une perte de poids. Pourquoi ne pas plutôt féliciter et encourager les gens autour de nous parce qu’ils prennent soin d’eux et ce, qu’il y ait un changement de poids ou non?

 

Les conséquences sur les normes sociales
 

Outre les conséquences négatives sur les individus, les commentaires sur le poids affectent également les normes et les valeurs de notre société. Bien entendu, les médias et l’industrie de la publicité ont une part de responsabilité quant aux modèles uniques de beauté valorisés par notre société et la pression qui en découle. Or, il est important de prendre conscience qu’en parlant constamment de son propre poids ou de celui des autres, chacun contribue aussi à entretenir et à renforcer ces normes sociales qui associent directement la minceur à la santé, à la beauté et au succès.

 

Ne pas parler de poids pendant une semaine...
parce qu'on a bien mieux à se dire!
 

Les commentaires sur le poids sont partout. Qu’ils soient positifs ou négatifs, qu’on les entende, qu’on les reçoive, qu’on les dise ou qu’on les pense, ils peuvent avoir des conséquences négatives sur soi, sur les autres et sur les normes sociales. Pendant la Semaine « Le poids? Sans commentaire! » qui a lieu chaque année en novembre, mais également pendant tout le reste de l’année, prenons le temps de réfléchir à la place qu’occupe le poids dans nos conversations et dans nos pensées. On ne pourra que s’en porter mieux, individuellement et collectivement!


Remarquerez-vous qu’il est souvent question de poids
autour de vous?

Faites-vous vous-même des commentaires sur votre propre poids
ou sur celui des autres?

 

Références :

Pica, Lucille A. et autres (2012). L’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011. Le visage des jeunes d’aujourd’hui : leur santé physique et leurs habitudes de vie, Tome 1, Québec, Institut de la statistique du Québec, 256 p.

IPSOS REID (2008). Canadian Women’s Attitudes Towards Weight, Sondage pour le compte des Producteurs laitiers du Canada.

Thompson, J. K., Heinberg, L. J., Altabe, M., et Tantleff-Dunn, S. (1999). The scope of body image disturbance: The big picture.

 


À PROPOS DE L'AUTEUR

Anouck Senécal
Anouck Senécal
Nutritionniste

Son implication dans des projets visant l’évolution des normes sociales de beauté tant auprès des jeunes que de l’industrie de l’image fait d’Anouck une experte qui vous encouragera à en finir avec l’obsession du corps parfait.

Grâce à son regard critique, Anouck vous encouragera à remettre en question le modèle unique de beauté et à démentir les multiples préjugés à l’égard du poids véhiculés au sein de la société. Elle vous invitera à apprécier la diversité des formats corporels au sein de la population, et à reconnaître que votre valeur va bien au-delà de votre apparence! 

«C'est en éliminant les préjugés sur le poids que l'on arrive à reconnaître que la santé, c'est bien plus qu'un chiffre sur la balance!»

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