14 mai 2015

Alors que les annonces de crème glacée, sundae et blizzard décadents se multiplient avec l’été qui est arrivé, comment réagissez-vous? Vous arrive-t-il de vous sentir coupable après avoir mangé de la crème glacée? Avez-vous tendance à éviter les crèmeries par peur de succomber à la tentation, ou optez-vous inévitablement pour le yogourt glacé par peur de prendre du poids? Quoi qu’il en soit, il est bien malheureux que ce plaisir d’été soit associé à autant de culpabilité! 

 

Pourquoi vivons-nous autant de culpabilité face à la crème glacée?

La culpabilité vient en partie du phénomène de restriction cognitive. C’est-à-dire de toutes ces règles et de ce contrôle mental que l’on s’impose pour gérer son alimentation. Ce « code de bonnes conduites alimentaires » découle de l’intention de maîtriser son poids. Vous remarquerez que de nos jours, il est quasiment devenu normal de dire que l’on « fait attention » pour ne pas prendre de poids ou encore, pour en perdre!

Lorsqu’il est question de restriction cognitive, c’est la tête qui nous dicte ce que nous devrions manger, à quel moment et en quelle quantité. Nous mettons alors de côté nos sensations physiologiques, c’est-à-dire nos envies, nos besoins et nos signaux de faim et de satiété. Pourtant, ce sont ces sensations qui constituent nos vrais repères, et nous permettent de faire des choix alimentaires de façon naturelle et sans préoccupation! 

 

Le trio : restriction, désinhibition et culpabilité

La restriction cognitive n’est pas sans conséquence! En effet, elle est souvent suivie d’une phase de désinhibition, puis de culpabilité. Pour faire simple : à force de se priver, on finit par succomber et se sentir coupable.

Ne vous est-il jamais arrivé de vous dire, après les premières bouchées d’un bon sundae aux fraises : « Tant qu’à faire, je vais en profiter, je ferai plus attention demain ou je n’en mangerai plus de l’été… » (désinhibition). Ensuite, c’est le fameux : « Je n’aurais pas dû! » (culpabilité).

 

La solution : s'autoriser à manger de la crème glacée et savourer chaque bouchée

Voici ce que je vous propose d'essayer cet été pour mieux profiter de la crème glacée :

  • Soyez à l’écoute de vos envies et choisissez ce qui vous fait vraiment plaisir : Est-ce que vous avez envie de quelque chose de sucré, de fruité, de chocolaté, à l’érable? Choisissez le type de crème glacée qui vous fait réellement plaisir! Vous serez alors davantage satisfaite que si vous optez pour ce qui rassure votre bonne conscience alimentaire, mais qui ne vous rassasie pas!

  • Soyez à l’écoute de vos sensations de faim et de satiété : Questionnez-vous sur vos signaux de faim du moment et choisissez le format correspondant. N’oubliez pas qu’en diminuant la restriction, on évite alors la désinhibition et donc la surconsommation! Tentez de vous arrêter lorsque vous êtes pleine, rappelez-vous que vous pourrez en remanger une autre fois…

  • Savourez le moment présent : Humm! Prenez le temps de vous asseoir, de savourer votre crème glacée, de goûter chaque bouchée! Profitez de ce plaisir d’été et dites adieu à la culpabilité! 

 

Et vous, comment décrivez-vous votre relation à la crème glacée? 

 

Référence : Polivy, J., & Herman, C. P. (1975). Restraint and Eating Behavior. Abnormal Psychol, 84(6), 666–67.

 


À PROPOS DE L'AUTEUR

Catherine Moquin
Catherine Moquin
Nutritionniste et formatrice pour ÉquiLibre

Ses expériences variées en intervention individuelle et de groupe auprès de femmes présentant une relation difficile avec la nourriture font de Catherine une experte dans le domaine. Elle oeuvre depuis plusieurs années à la Clinique psychoalimentaire, clinique spécialisée dans le traitement des troubles alimentaires. Elle vous aidera donc à retrouver des comportements alimentaires plus sains et empreints de plaisir. 

Consciente de tous les enjeux liés à l'alimentation, Catherine vous donnera des trucs pour mieux comprendre vos comportements et les modifier graduellement. De nature empathique et attentionnée, elle vous invitera à savourer vos aliments favoris sans culpabilité, tout en partageant vos expériences sur des thèmes qui vous touchent.

«Libérez-vous de toutes vos préoccupations, de vos insatisfactions et de vos appréhensions afin de savourer le moment présent!»

 

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Commentaires   

Annie Rochette - 2 Juil. 2014
Depuis que j'ai fait le groupe «choisir de maigrir?» en 2012, j'ai été diagnostiqué diabétique type 2. Le groupe (et toute l'information pertinente que cela comporte) + 3 rencontres extraordinaires avec la nutritionniste tout aussi extraordinaire Nathalie Croteau ici à Lévis, et me voilà sur la bonne voix en terme d'alimentation/ confiance en soi/acceptation de l'image corporelle !!! Ce que vous dites pour la crème glacée est on ne peut plus vrai !!! Et je l'applique à tout dans mon alimentation. Tant qu'à manquer des légumes, je mange ceux qui me font envie, même chose pour les biscuits et tout le reste. Résultat? Je n'ai plus de «cravings» ou rages pour des aliments, j'ai retrouvé mes signaux de faim et de satiété et surtout, j'ai retrouver mon sourire et ma fierté devant une belle assiette !!! Merci d'être là pour nous, chères nutritionnistes !
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Catherine Moquin - 7 Juil. 2014
Bonjour Annie,
Je suis bien heureuse que ce billet de blogue ait pu confirmer ce que vous appliquez déjà si bien! Effectivement, nous avons avantage à transposer ces conseils à l’alimentation en général.
Merci pour votre témoignage et bravo pour votre courage, car ce n’est pas toujours facile de faire une telle démarche.
Au plaisir!
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JocelyneLacroix - 6 Aoû. 2014
Merci pour cet article encourageant et aidant psychologiqueme nt pour moi. Je discutais de crème glacée avec des amies pas plus tard qu'hier. Pour ma part, j'ai une relation « amour / haine » avec la crème glacée (comme un peu toutes les personnes qui sont friands de cet aliment. Je procède ainsi : directement du contenant, je mange une première rangée / je remets le contenant au congélateur / j'attends un peu / je ressors la crème glacée et en gratouille une seconde rangée / je retourne le contenant au congélo et ainsi de suite jusqu'à ce que j'aie "gratté" la dernière parcelle de crème glacée. Par moments je me dis que je ne suis pas raisonnable et à d'autres que je peux bien me faire un petit plaisir de temps en temps (j'achète toujours ma crème glacée quand elle est en spécial ... oufff ... sinon j'en mangerais tous les jours. Merci pour tous vos bons trucs.
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Catherine Moquin - 15 Aoû. 2014
Bonjour Jocelyne,
Merci d’avoir partagé cette expérience avec nous. Je suis certaine que plusieurs personnes vivent la même chose que vous avec d’autres aliments.
Dans ce genre de situation, il peut être intéressant de tenter de comprendre d’où provient cette relation difficile avec l’aliment. Cela peut aider à lui redonner la place qui lui revient dans l’alimentation et ainsi diminuer l’obsession.
Aussi, il a été prouvé que d’apprendre à déguster lentement un aliment permet de développer une relation positive avec celui-ci. Dans l’un de ses billets de blogue, ma collègue Caroline Trudeau aborde justement ce sujet. Je vous suggère de le lire ! http://monequilibre.ca/mon-alimentation/46-savourer-les-aliments

Sachez aussi qu’il pourrait être intéressant d’être accompagnée par un professionnel de la santé formé à l’approche d’ÉquiLibre. Si vous en ressentez le besoin, je vous invite à consulter le répertoire : le www.equilibre.ca/repertoire.
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