10 mai 2018

Si je vous mentionne que dorénavant, vous pouvez vous permettre de manger tous les aliments souhaités en présence d’une faim modérée, à quels aliments pensez-vous? Lorsque je pose cette question dans le cadre de mon travail de nutritionniste, les réponses sont quasi unanimes : le chocolat, les croustilles, la crème glacée et la poutine. Je me suis intéressée à mieux comprendre cette attirance envers les aliments gras et sucrés afin de retrouver une alimentation plus spontanée.

 

Est-ce possible que je me prive de manger certains aliments?

On croit souvent à tort que manger sainement signifie de se priver de manger certains aliments. Ce sont ces aliments que l’on juge « mauvais » pour la santé et que l’on perçoit comme étant trop caloriques. Je suis consciente que vos intentions initiales sont bonnes en faisant un certain tri parmi les aliments. Toutefois, le fait de vous priver d’aliments que vous aimez risque de vous mener à des pensées obsessives et à perdre le contrôle envers ces mêmes aliments. Le fait de manger des aliments interdits a comme conséquence de vous faire vivre de la culpabilité, d’avoir cette impression constante de ne jamais manger correctement.

 

Qu'est-ce que je risque à manger les aliments souhaités?

Se donner la permission de manger les aliments souhaités risque d’avoir des conséquences positives sur votre relation avec la nourriture. La littérature scientifique le prouve et je l’observe dans ma pratique clinique : manger les aliments souhaités en se fiant à ses signaux de faim et de rassasiement est associé à plusieurs bienfaits. Vous risquez de ressentir davantage de plaisir à manger, de manger une plus grande variété d’aliments et possiblement davantage de légumes pour vous sentir bien nourri. Même si cela peut vous surprendre, vous n’aurez pas tendance à manger davantage d’aliments gras ou sucrés, comparativement à si vous exercez un contrôle sur votre alimentation.

 

Comment puis-je parvenir à manger plus spontanément?

Je vous invite à vous poser quelques questions. Tenez-vous compte des caractéristiques sensorielles des aliments lorsque vous faites des choix alimentaires? Avez-vous l’habitude de déguster les aliments que vous appréciez? Est-ce que le rythme auquel vous mangez vous permet de ressentir du plaisir? Si vous avez répondu « non » à ces questions, il s’agit de points qui peuvent être améliorés et au besoin, de l’aide professionnelle peut être considérée. Souvenez-vous aussi qu’il y a environ 21 repas dans une semaine et que ce n’est pas le chocolat, les croustilles, la crème glacée ou la poutine qui vont détruire les efforts que vous faites pour bien manger.

 

Dans votre quotidien, avez-vous l’impression de devoir résister à certains aliments? Si oui, comment pensez-vous que cela peut affecter votre relation avec la nourriture?

 

Références :

El Madden C, Leong SL, Gray A, et coll. Eating in response to hunger and satiety signals is related to BMI in a nationwide sample of 1601 mid-age New Zealand women. Public Health Nutrition. 2012;15(12):2272-2279.

Smith T, Hawks SR. Intuitive Eating, diet composition, and the meaning of food in healthy weight promotion. American Journal of Health Education. 2006;37(3):130-136.


À PROPOS DE L'AUTEUR

Karine Gravel
Karine Gravel
Nutritionniste et docteure en nutrition

Sa formation universitaire en nutrition et ses expériences professionnelles de clinicienne, conférencière, auteure et chroniqueuse scientifique font de Karine une experte qui vous guidera vers le développement d'une relation plus saine avec la nourriture. 

Rigoureuse et créative, Karine vous aidera à considérer votre alimentation comme une expérience satisfaisante afin de vous sentir bien physiquement et psychologiquement. Sous un angle savant et ludique, elle abordera différents sujets : les comportements alimentaires, la préoccupation à l'égard du poids, les plaisirs alimentaires, le sens du goût et l'histoire des aliments.

«Se nourrir, se réunir et se faire plaisir, c'est ma recette préférée. Ces trois ingrédients doivent être assaisonnés au goût avec une quantité suffisante de sociologie et une pincée d'histoire. Ça vous tente de goûter?» | www.karinegravel.com

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