27 septembre 2018

Dans ma pratique, j’aime bien poser cette question : « Quel est le plus beau cadeau que tu pourrais t’offrir?». Combien de mamans ai-je entendu répondre, spontanément, sans hésitation : «Du temps pour moi, seule!». Il serait facile de leur dire tout bonnement : «Alors prends-en!». Mais comment se fait-il que pour plusieurs mamans, cela ne soit pas si instinctif? Ou perçu comme étant inaccessible ou impensable? Qu’il soit si difficile de prendre du temps pour soi alors que la société nous propose une panoplie d’activités de ressourcement? Comment se fait-il que certaines mamans se sentent si égoïstes de prendre du temps pour elles?

 

Pour répondre à ces questionnements, une réflexion sur l’égoïsme s’impose. Par définition, l’égoïsme implique de ne s’attarder qu’à ses besoins personnels, au détriment de ceux des autres. Jusque là, ça va. Mais là où cela peut se complexifier est que l’idée qu’une personne se fait de l’égoïsme est largement façonnée par les environnements sociaux dans lesquels elle évolue. Elle change donc d’une personne à l’autre. Ai-je grandi dans une famille où il était bien vu de ne penser qu’aux autres, où l’idée de se faire plaisir était condamnée? Ai-je un travail où la performance est valorisée, le dévouement total, où vouloir ralentir est signe de faiblesse? Dans mon couple, dans ma famille, est-il correct de s’accorder des moments seuls?


Plus largement, comment la société dans laquelle j’évolue présente l’égoïsme? Dans une société comme la nôtre, où la performance, l’autonomie et la responsabilité individuelle sont mis de l’avant, les parents peuvent ressentir la pression d’être autonomes dans l’éducation de leur enfant, de réussir toutes leurs tâches parentales et d’être performants dans leurs différents rôles. Ainsi, si je suis fatiguée et que je me sens au bout du rouleau, ma réflexion pourrait être : «Je devrais être capable de réussir… toutes les autres mamans réussissent, elles, pourquoi ne suis-je pas capable d’être une bonne maman?». La pression sociale peut donc aussi devenir culpabilisante et freiner l’élan de prendre du temps pour soi.

5 pistes de réflexion pour se sortir du cul-de-sac de l’égoïsme


Voici quelques réflexions que vous pouvez faire.

  1. Quels sont mes signes personnels me disant que j’ai besoin d’une pause? Suis-je capable de les reconnaître? Et de les écouter?

  2. Mon rôle de maman commence-t-il à être affecté par un manque de temps pour moi? Par exemple, est-ce que je commence à manquer de patience? À avoir moins de plaisir à être avec mes enfants? À avoir de la difficulté à accomplir mes tâches de parent?

  3. Qu’est-ce qui m’empêche de prendre un temps d’arrêt pour moi? Quels sont mes blocages?

  4. Quelle est ma conception de l’égoïsme? Qui ou qu’est-ce qui a façonné cette conception? Qu’en pensent mes parents, mes proches? Mes collègues, mes patrons? Quelles sont mes expériences personnelles et professionnelles à ce sujet? Ma conception a-t-elle changé au cours des différentes périodes de ma vie?

  5. Quelles sont les possibilités qui s’offrent à moi lorsque je sens le besoin de prendre du temps pour moi et qui prendraient en compte ma réalité, mon budget, ma situation familiale et professionnelle?
     

Loin d’être de l’égoïsme, prendre du temps pour soi peut avoir plusieurs bienfaits pour le parent. Par exemple, le temps passé en famille peut être de meilleure qualité, vous pourriez ressentir moins de stress, être plus joviale et avoir différentes anecdotes à raconter au retour de votre activité. Observez vos comportements et votre attitude lorsque vous vous sentez reposée comparativement à lorsque que vous vous sentez fatiguée.

Chacune d’entre nous a des besoins différents en ce qui a trait au ressourcement. Et ces besoins peuvent aussi varier en fonction des périodes vécues. Pourquoi ne pas les respecter et se respecter, tout simplement. Il s’agit là d’une bonne occasion d’enseigner à nos enfants à être bienveillants envers eux.

 

Et pour commencer, quelles sont les activités qui vous faisaient du bien avant d’être maman?

 

 


À PROPOS DE L'AUTEUR

Judith Petitpas
Judith Petitpas
Travailleuse sociale et formatrice pour ÉquiLibre

Sa proximité avec les gens en tant que travailleuse sociale spécialisée en difficultés alimentaires et sa formation en anthropologie font de Judith une experte qui vous guidera vers un bien-être personnel et social. 

Concrète et passionnée, Judith a développé au fil des années une foule de trucs pour se sentir bien au quotidien, en harmonie avec son corps et sa tête. Sans détour, elle mettra à profit sa solide expérience en relation d'aide et ses réflexions sur notre société pour vous permettre de cheminer vers la bienveillance envers soi et envers son corps. Consciente qu'il est parfois difficile de changer ses habitudes et de modifier ses croyances, elle vous encougera à développer votre pensée critique et à prendre une distance confortable avec certaines idées préconçues afin de trouver votre propre équilibre.

« Le premier effort à faire pour se réconcilier avec soi est de cultiver la compassion envers soi. À partir de ce moment, le coeur peut s'ouvrir, recevoir la chaleur dont il a besoin, et se réparer petit à petit. »| www.judithpetitpas.net |

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